Sunday, February 27, 2011

"Une pipe d'écume, et c'est toute la mer, tous les voyages"*

C'est ma grande théorie du moment. Enfin, l'une de mes grandes, de théories, et du moment.
Les vrais voyages sont ceux qui nous portent plus loin, ceux que l'on n'a pas encore accomplis. Les prochains. Arrivés loin, ce sont ceux qui nous font porter le regard encore au-delà des collines. Ceux qui, une fois consommé le bonheur d'être, ici et maintenant, nous renvoie au bonheur d'être là-bas, un jour. L'âme voyage comme un élastique et nous rapporte des souvenirs prochains.

En écrivant les Histoires jamais entendues (dans un pub en Irlande comme dans une auberge en Espagne), c'est ce que je pressentais. Pour l'Irlande, c'est à moitié vrai, puisque que j'ai plusieurs fois parcouru l'île verte. Mais l'Espagne : outre quelques jours à Majorque, je n'y ai jamais mis les pieds.

Le prochain projet, c'est le Japon. Là, vraiment, j'y suis totalement étranger. Puis le Brésil : jamais vu. L'Egypte. On fera peut-être un petit accroc au principe avec New York, un de ces quatre. Nous n'y sommes pas encore.

Ce qui m'intéresse, ce sont ces voyages jamais faits et qui pourtant nous illuminent. Que de souvenirs jamais vécus du Japon ! J'y vois des ambiances, des sons, des tintements aiguës, des scintillements, des parfums de poissons frais et de riz chaud, de légumes. J'y vois des sourires, des voix discrètes et pincées. J'y vois un rapport étonnant à la mort et une grande montagne coiffée de blanc comme un monarque.

C'est tout cela qu'il faut écrire. Non pas la vie, la vraie, mais celle qui passe par ces images. Une autre vie, vraie aussi. Une vie de voyage, car ces images m'emmènent très loin, me font rêver, je suis ailleurs, et le sourire aux lèvres.

Ai-je jamais autant voyagé qu'en lisant Corto Maltese ?

Lecture de Guy Goffette, dans son recueil pioché pas cher au hasard d'un étal d'occasions, Les Derniers Planteurs de fumée, p. 26 :
"Avant, je rêvais de partir pour partir et revenais toujours. Je pars sans bouger à présent, et il n'y a pas de retour."

Toujours GG, un peu plus loin :
"Cette mer qui n'existe pas derrière les peupliers est pour moi plus réelle que la mer".

Page 33, dans le texte intitulé "L'agencement du monde" :
"Au fond, les vrais voyages sont immobiles (...) Souvent, ils commencent dans une chambre où l'on est enfermé parce qu'il pleut ou parce qu'on est malade". Et Guy Goffette voit à travers la fenêtre d'une carte du monde la pluie qu'il fait ailleurs : ça y est, il y est, il est dans cet ailleurs. Il n'est plus dans sa chambre d'enfant.

Voyages de reconnaissance dans les arcanes de l'imaginaire, dit-il plus loin. Voyages du cancre sur la carte murale.

Et j'aime celui-ci, à la pointe agressive, mais bien menée et tout à fait juste, finalement :
"voyages que l'impérialisme du but n'a pas encore entâchés, réduits à cette caricature moderne qui fait que l'essentiel n'est pas de partir, mais d'arriver, et le plus vite possible."

Quel bonheur de lire ici une vérité mieux écrite que la nôtre, mais que l'on partage.
Si les Histoires jamais entendues peuvent être un marque page dans les livres de Guy Goffette, alors quel honneur.


Guy, au fait.



* Autre extrait de Guy Goffette. Pas mal hein ?

Monday, February 07, 2011

Retour vers... le retour :)


Un an et demi sans écrire une ligne sur ce blog. Damn !

Bilan de cette année et demi :
- un enfant
- un second volume d'histoires jamais entendues, dans une auberge en Espagne cette fois-ci
- un épuisement des stocks des histoires jamais entendues dans un pub en Irlande. Soit juste un peu plus de 1000. Eh ! c'est pas mal :)
- quelques livres lus, davantage commencés mais pas terminés. Pas de culpabilité à ce sujet, je progresse.
- mais surtout, un nouvel éditeur pour la collection des Histoires jamais entendues : les éditions du Lamantin. Sortie en mars des histoires irlandaises et des histoires espagnoles. Et peut-être, prochainement, des histoires jamais entendues dans un sushi bar au Japon, mais c'en est une autre, d'histoire.

Donc : rendez-vous le 1er mars au Corcoran's de Bastille pour le lancement de la nouvelle collection !
Corcoran's Irish Pub
53, rue du Faubourg Saint-Antoine, Paris
M° Bastille, Ledru-Rollin

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Wednesday, August 13, 2008

Devenez l'ami(e) de Tom O'Barley !


Notre écrivain Tom O'Barley, auteur des Histoires jamais entendues dans un pub en Irlande, publié chez Croiser le Faire, possède désormais sa page sur Facebook.
Retrouvez-le donc, échangez avec lui, inscrivez-vous au groupe des histoires irlandaises, et faites-vous plein de nouveaux potes comme au pub !

Wednesday, July 02, 2008

Les Histoires irlandaises à la librairie Voyageurs du Monde


Comme l'ensemble des locaux, l'annexe parisienne des librairies Voyageurs du Monde occupe splendidement le 55 rue Sainte Anne. C'est un espace somptueux. Honte à moi qui n'y avais encore jamais mis les pieds, mes camarades globe trotters se sont bien moqués.
Toujours est-il que sous l'impulsion de Dragana Radic, les Histoires jamais entendues dans un pub en Irlande font désormais partie de leurs références. Les âmes nomades parmi vous sauront donc les y trouver en rayon et en quantité.
Merci à toute l'équipe de la librairie pour cette confiance, c'est un véritable honneur pour la maison Croiser le Faire.

Tuesday, July 01, 2008

Second article pour Les Histoires Irlandaises !

Après la critique publiée par Geneviève dans son journal municipal, merci à Sébastien Claeys pour son article sur les Histoires jamais entendues dans un pub en Irlande, publié, après interview de Tom O'Barley, sur le blog d'Eric Poindron, le Cabinet de curiosités. Fascinant et poétique, ce blog est plein de jolies surprises, en images comme en mots. C'est donc avec une fierté gourmande et assumée que Croiser le Faire y figure désormais.

Tuesday, June 03, 2008

Anatomie sentimentale

Un nouveau texte, et en fait même trois, sur le blog d'Yves Remords.
Faudra-t-il un jour publier ce journal ?
Tiens, qu'en pensez-vous ? petit sondage au débotté :
- Achèteriez-vous le journal d'Yves Remords s'il était édité ?
- Si oui, à quel prix / quel format / combien de pages ?
- Pourquoi ? (oui, pourquoi ?)

En attendant vos réponses, un extrait ci-dessous et l'intégral ici :

"ce que j'aimais surtout : me coller à elle la nuit. sentir contre mon ventre son cul. pas un petit tout dur tout plat tout froid, non. je parle là de maturité. f avait vingt trois ans mais niveau cul, pardon mais : madame. quand je dis niveau cul je ne parle pas de performance sexuelle, comprenons-nous bien. je parle anatomie des sentiments. mon sentiment à moi est creusé en rond, deux incurves épanouies, et le cul de f s'y colle parfaitement. j'ai vérifié. le soir quand elle s'endort, et la nuit quand elle dort. nickel. ça déborde peut-être même un peu. quel régal."

Tuesday, May 27, 2008

Croiser le Faire.world

Les Histoires jamais entendues dans un pub en Irlande ont franchi les frontières de la France qui les a adoptées. Nous avons en effet reçu aujourd'hui notre première commande internationale, vers la Suisse.
Merci au lecteur helvète qui nous accorde sa confiance, et nos meilleures salutations à la librairie Payot de Fribourg !

Sunday, May 25, 2008

Existe en blanc, Bertrand Blier


A la question traditionnelle "alors, tes 3 romans préférés ?" ai-je hier soir voulu caser les mêmes auteurs que d'habitude. Ceux que j'ai beaucoup lus parce qu'ils ont beaucoup écrit. Mais j'oublie trop vite les hold up de mon âme dont sont capables parfois des auteurs nettement moins lus par moi. Pas forcément parce qu'ils ont moins écrits, encore que.
Ainsi, j'ai occulté ce dernier choc de lecture que fut Existe en blanc, de Bertrand Blier. Je me souviens assez bien de son interview par Pivot lors de la sortie du livre. Je revois un Blier un peu étonné d'être là, amusé. Il y avait quelque chose d'espiègle dans ses yeux, et de cocasse sur le plateau. Les questions goulues de Pivot laissaient deviner combien le livre l'avait surpris. Tout chez Blier répondait un tranquille "et pourquoi pas ?" qui m'aura donné l'envie de le lire. J'avoue, la couverture aussi, somptueuse poitrine quand je n'avais que 24 ans. Car oui, Existe en blanc existe depuis 1998. 10 ans je suis passé à côté. Pas très loin. 10 ans je le lorgnais discrètement, un beau jour viendrait où je le lirais. Ce jour c'était il y a 3 mois.
Le thème du type raide dingue des soutien gorges, livre "noir" titré "Existe en blanc", l'oeil brillant de l'auteur, la mine réjouie de Pivot... Un jour dans un carton déménagé après un décès je suis tombé dessus. En plus d'être un type bien, celui qui nous avait légué le livre avait du goût et on j'avais le même.
Globalement, cette histoire de tueur en série aux origines incertaines qui occit les femmes qui ôtent leur soutif, on s'en fout, et Blier plus encore. Elle n'est que le prétexte ahurissant pour décrire autant de femmes que possible, toutes plus sublimes les unes que les autres. Depuis Mémoire de mes putains tristes n'avais-je rien lu d'aussi beau sur les femmes. Des choses directes, brutes, des choses que les mains d'un homme en larme sont allées fouiller au fond des viscères et qui en ressortent sanglantes, puantes et visqueuses, mais jamais je n'ai lu mots mordre aussi frontalement le vrai, aussi proches du juste, aussi crument droits.
Existe en blanc, c'est l'alchimie d'un amour sans fin des femmes, du style prépondérant sur l'histoire (car le style c'est l'homme) et de la liberté. Quelle impressionnante liberté s'autorise Blier, nom d'un chien. Dans la forme, le fond, le traitement, l'humour, le n'importe quoi qui se transforme en beauté pure. Grosse, mais grosse leçon.

Monday, May 19, 2008

Tuesday, May 13, 2008

Michel Déon, un jeune homme toujours vert à la montée du soir


Canal Académie propose des émissions radios en podcast faisant intervenir des membres de l'académie française. Et après tout, ne trouve-t-on pas trop d'émissions sur ces écrivains somme toute assez nobles.
Il se trouve que l'écrivain qui m'a mis le pied à l'étrier de la lecture, et donc probablement aussi de l'écriture, est académicien depuis 1978, et participe à l'émission En Habit Vert. Michel Déon, puisqu'il faut le nommer, revient sur le travail de romancier aux multiples facettes qui est le sien, l'Irlande, les voyages, ses romans préférés, ceux qui l'ont marqué, les hussards... "Ce n'est pas à l'écrivain de décrire une femme, son corps, tout ça. C'est au lecteur. Le lecteur demande à participer." Eh oui.
Retrouvez l'auteur des Poneys sauvages, d'Un Souvenir, d'Un Déjeuner de Soleil, du Jeune homme vert et de la Montée du soir ici.
PS. J'ai été profondément emmené par les romans de Félicien Marceau, autre immortel. Retrouvez l'émission qui lui a été consacrée ici.